Saint-Cirq La Popie

De la porte de Rocamadour au Bancourel

De la porte, dite de Rocamadour (côté Saint-Martin), on est frappé par la vue de l'église, perchée tout au bord d'un rocher, de près de cent mètres, plongeant droit dans le Lot. Les maisons, toutes de styles, serrées, presque superposées, donnent à l'église, l’impression d'une fusée jaillissante et tout à côté sont les ruines du château.

Saint-Cirq La Popie

A l'opposé, on arrive sur une large plate-forme, le Bancourel. La vue est là grandiose, l’église, quelques toits, les ruines du château que domine le rocher de la Popie, point culminant sur lequel était construit le donjon de quarante mètres, dit la légende.

Le touriste qui veut vraiment s'imprégner de l'époque que rappelle ce village, si entièrement médiéval, doit le voir, dans sa vue générale, des deux côtés: Mais il ne peut repartir sans parcourir ses ruelles, où sont de si nombreuses maisons des XIIIe, XIVe, XVe et XVIe siècles.

Commençons la visite

Commençons la visite détaillée, par le bas de la ville. Tout de suite, l’ambiance se crée à la vue de la porte dite de Rocamadour, dont il reste un bel arc gothique du XIIIe siècle. Nous nous engageons dans la rue et admirons, au passage, une maison à balcon de bois du XVIIe, ancienne demeure des Consuls et nous arrivons sur la place du Carol. Tout à côté se trouvait l'auberge des bateliers, plus bas, dans le travers, existent encore les ruines de leur chapelle. Des deux côtés de la grand'rue sont de belles maisons du XIIIe et XIVe. Nous prenons, sur la droite, un modeste chemin de quelques mètres qui nous amène devant la Gardette où logeait le seigneur de Saint-Cirq, après la destruction du château. Dans cette maison, se trouve le musée Rignault que l'association «Les Amis de Saint-Cirq» fait visiter. Du jardin de cet édifice, on aperçoit un panorama unique de la vallée dans laquelle serpente le Lot, plus haut le riche plateau du Mas, puis au loin les falaises de Conduché; enfin, vers l'Est, une large ouverture vers Tour de Faure, Saint-Martin. Dominant tous ces paysages, la vue du Causse qui retient longuement le regard et fait rêver.

Un peu plus haut, touchant le château Rignault est une très belle maison, restaurée par M. Roche, du XVe siècle. On prétend que, comme pour la Gardette, les seigneurs y ont séjourné.

Et voici l'église

Et voilà l'église! Cet édifice fortifié de la fin du XVe siècle, possède une nef de belle ampleur (35 mètres), flanquée de chapelles. Sur la droite, près du chœur est une chapelle romane avec colonnes, ornées à la base de feuillage et d'entrelacs. Cette chapelle pouvait être le reste d'un édifice antérieur ou simplement une chapelle de l'un des trois châteaux, occupés par l'un des trois seigneurs: La Popie, Cardaillac ou Gourdon. La façade, au Sud, possède un portail Renaissance; à gauche de l'entrée, sur un socle mural, sont encore les anciennes mesures a grains propres à Saint-Cirq. A l'intérieur, la deuxième chapelle, à gauche, est celle des seigneurs, en face se trouve la chapelle romane déjà signalée.

C'est dans l'église que les consuls prêtaient, avec solennité, le serment «d'être bons et loyaux aux seigneurs et à la communauté du village et d'administrer bonne et saine justice».

Enfin le clocher est une construction trapue, contrebuté par une tourelle, abritant un escalier à vis.

Nous quittons l'église, jettons un coup d'œil sur la ruelle de la Fourdonne (Fordana) «restée très décor d'autrefois», et nous prenons la grand'rue. Nous y trouvons des maisons à façade de pierres, avec fenêtres du XVe ou début XVIe. Nous arrivons à la place du Sombral, ancien foirail, dont tout un côté a des maisons entièrement restaurées.

Nous ne pouvons quitter le haut de Saint-Cirq sans prendre le sentier qui monte vers les ruines du château de La Popie, jusqu'au bout du rocher, d'ou partait le donjon du château des seigneurs de La Popie

Quelques traits de son histoire

La dénomination Saint-Cirq proviendrait du nom d'un jeune enfant martyrisé en Asie-Mineure avec sa mère Juliette, sous Dioclétien. Il existe en France de très nombreux lieux portant ce nom ou dérivés: Saint-Cyr, Saint-Cirgues, Saint-Cirice, etc. La seconde partie du nom de «La Popie», concerne les seigneurs du lieu.

L'origine de cette ville remonte à l'époque gallo-romaine, prouvée par la découverte de mosaïque, lors de la construction de l'actuelle mairie.

Au VIIIe siècle, le duc Waïfre, poursuivi par Pepin-le-Bref, s'y réfugia. Les archives de la ville furent détruites à la Révolution et on ne sait pratiquement rien sur Saint-Cirq jusqu'à la fin du XIIe siècle.

An 1199, la ville résista à l'attaque de Richard-Cœur-de-Lion. En 1241, lors de la paix, après la croisade contre les albigeois, les habitants prêteront serment à Louis XI. C'est à partir du XIIIe siècle que Saint-Cirq entre dans sa grande histoire dont les belles et nombreuses maisons à colombages et encorbellements sont encore témoins. Les grandes familles nobles se trouvaient alors honorées de posséder dans Saint-Cirq des logis, qu'on appelle aujourd'hui les résidences secondaires.

A cette époque, la ville avait entre douze et quinze cents habitants. Un hôpital y fonctionna entre le XIIIe et XVIIe siècle. Elle possédait son foirail, son école et trois notaires y tenaient leur étude. Elle aura même plusieurs seigneurs les de La Popie, les de Cardaillac et les de Gourdon. Le château principal, se trouvait sur l'éminence et appartenait aux de La Popie. Les deux autres châteaux étaient construits, rapporte un chroniqueur, «sur le penchant du pech», où logeaient les Cardaillac et Gourdon.

Un beau matin de septembre 1438, alors que dame de la Popie était à la messe, son neveu Cardaillac s'empara par ruse de son château. Un long procès s'ensuivit qui dura près de trente ans et enfin la vieille dame de la Popie, avant de mourir, put à nouveau entrer dans sa demeure et la remettre au seigneur Arnaud d'Hebrard, son fils, qui avait épousé Marguerite de Cardaillac.

C'est en 1236 que fut accordée aux habitants une charte des Coutumes qui entraîna la nomination de consuls et la création d'une maison commune.

Pendant la guerre de cent ans, la ville fut, plusieurs fois, prise et reprise, entre la période de 1381 et 1392. Il existe encore un passage, appelé «passage des anglais», à flanc presque vertical de la montagne, qui a été dégagé et que l'on voit parfaitement du Bancourel. C'est par ce passage que les anglais purent attaquer et prendre le château «par surprise et trahison, venant de l'intérieur». Le pillage général de la ville s'ensuivit. Également autour de 1580, après la prise et le sac de Cahors, les huguenots prirent le château et Henri de Navarre donna l'ordre «d'icelluy démolir, raser et mettre en état tel que ceux du contraire parti ne puissent désormais s'en prévaloir». Après ce dernier événement, aucun fait notable n'est à relever dans l'histoire de la ville aux XVIIIe et XVIIIe siècles.

Au XIXe siècle, Saint-Cirq eut une vie très animée. La population atteignait 1500 habitants. Tous les rez-de-chaussée possédaient leur atelier de tourneur, fabricant de robinets, dont on retrouve déjà la présence vers 1450.

Aujourd'hui...

cette industrie, encore en plein essor, avant la guerre de 1914, périclita, par suite de la mécanisation. Actuellement, en 1976, il reste un tourneur qui, pour la simple démonstration, fabrique des robinets, exactement comme au XVe siècle, actionnant le tour, comme les potiers, avec une jambe. Un autre tourneur fait le même travail avec un tour électrique. Actuellement, Saint-Cirq a à peine 150 habitants. Il vit grâce au tourisme et à la présence de nombreux artistes et artisans de talent qui créent ou fabriquent: poteries, peintures, vanneries, tissus, teintures.

Des expositions de peintures ont lieu au musée Rignault et tous les ans sont organisées des manifestations théâtrales et musicales et que l'association «Les Amis de Saint Cirq», sera heureuse de répondre à toutes les demandes de renseignements, concernant le tourisme.

Amis touristes, si vous ignorez encore dans quel environnement vivaient vos ancêtres, dans quelle ambiance, alors venaient à Saint-Cirq! Parcourez, même un court instant, la Fordana, la Pelissaria, la carriera dreche, le Carol, le Soumbral, le Bancourel. Vous ressentirez la douce nostalgle qu'exhalent toutes les choses du passé!

date: 15 Septembre 2009 Free counter and web stats

[ Seitenanfang ]         |       [ Homepage ]